Ma bataille, ma victoire sur le crabe
vendredi 6 novembre 2009
Certains savaient, d'autres se doutaient. Je peux aujourd'hui coucher ces lignes sur ce passage d'initiation de la vie qu'est cette fichue maladie.Le crabe, on l'attrape par hasard, au détour d'un chemin, quand il commence à s'installer, quand il commence à ronger les organes silencieusement, alors que la médecine ne trouve rien en vos maux multiples, des années durant, ni les prises de sang, ni les radios et scanner ne le découvrent naissant.
La médecine traditionnelle apaise et tait les douleurs sans s'occuper des origines, du mal originel qui peut venir d'ailleurs. La médecine prévoit depuis peu qu'elle puisse venir du psyché.
Et puis, un jour las, on décide de se tourner vers des médecines dites alternatives, la psychothérapie ne rendra rien de très prometteur pour moi, c'est long et fastidieux, et pour les maux ancrés à l'intérieur de soi, il faut parfois des cheminements qui dépassent le cadre de la science, il faut aussi surfer sur le spirituel en prenant garde à chaque instant de ne pas tomber dans les mailles du filet, et les pièges des sectes.
Mon travail sur les sectes et les publications faites sur mon blog, m'ont servi (entre autres) à trouver les bons thérapeutes.
Ce travail de deux années, c'est mon dépoussiérage personnel pour m'en sortir seule. Sans ma famille, mon mari, mon enfant. Avec l'aide d'amies comme Christie.
Ma famille sait depuis deux jours à peine mon travail...C'était le mien, et s'ils étaient intervenus, je n'aurai pas avancé autant. Vous avez toujours une personne qui sait mieux qu'une autre, toujours de bonnes volontés épuisantes et des parents qui veulent trop bien faire pour vous faciliter les choses. Chacun son chemin de guérison.
La crabe, il y a beaucoup d'hérédité, les causes radiatives et extérieures certes, le mien est né d'une situation mal vécue enfant, un choc émotionnel. J'ai compris qu'une souffrance intérieure, non soignée, créait des cellules anarchiques, et le temps faisant, un organe est touché, et j'ai échappé à la propagation de la maladie pour un cancer bien plus grave encore.
J'ai perdu une amie d'enfance, décédée d'un cancer, d'une leucémie. J'avais 7 ans quand on s'était rencontrées, les meilleures amies du monde. Je la savais malade, j'ai suivi ses souffrances deux ans, dans une école primaire catholique de l'Aveyron. On s'était jurées de ne jamais se quitter, on priait toutes les récréations près des souches des érables, au fond de la cour de récréation, on priait toutes les deux sa guérison, on y croyait tant à la guérison du coeur. Elle quittait souvent l'école pour partir en soin à l'hôpital. Jamais elle ne s'est plainte des souffrances qu'elle a enduré. Sa seule souffrance, c'était de voir ses parents pleurer pour elle. Elle savait qu'elle allait mourrir, elle n'avait pas peur.
J'ai changé d'école, en soin à l'hôpital pour elle, nous avons été séparées, je n'ai eu de ses nouvelles que par mes parents. J'ai souffert de cette séparation et ait prié pour elle des nuits entières enfant. Elle est décédée peu avant ses 10 ans, je ne l'ai pas su. Mes parents ont cru bon de me protéger et de rien me dire. Je l'ai appris six mois plus tard, par la bouche d'une de mes voisines.
Mon monde s'est écroulé là.
Je n'étais pas auprès d'elle quand elle a souffert, mes prières n'avaient pas suffit. Dans la tête d'un enfant tout se chamboule. L'enfant se croit immortel et ne craint rien si ce n'est perdre l'amour de ses parents. J'ai voulu mourir pour me retrouver près d'elle, j'avais oublié que j'avais voulu sauter d'un balcon à 10 ans pour mourir, j'ai oublié que j'avais souffert de sa disparition à ce point là.
Le crabe n'avait pas oublié.
Le crabe était tapis là, il attendait son heure prochaine, je l'avais tant souhaité pour moi à la place de mon amie, j'avais tant souhaité mourir à sa place, que je me suis ancrée cette mort atroce, ce passage.
J'ai encore six mois d'homéopathie, je ne suis pas passée par la médecine traditionnelle, c'était mon choix, chacun fait comme il le sent, j'ai choisi l'épreuve initiatique, j'ai choisi de chercher au plus profond de moi, j'ai choisi de cueillir le diamant que nous possédons tous, et que la vie que nous menons ici nous empêche de voir.
J'ai choisi de me tourner vers les enseignements bouddhistes, le zen, sans rentrer dans un cercle, ni une communauté, j'ai lu des années durant, et ai fait un travail de fond, de psychogénéalogie très long et fastidieux, et puis finalement, je me rends compte que j'ai gagné 9 années à passer par là, au lieu de la psychothérapie, qui ne marchait pas pour moi. Ce retour vers soi, ce retour vers notre nature essentielle, c'est ma bataille, c'est notre bataille à tous.
Je ne regrette pas ces épreuves, elles sont nécessaires quand on s'est trop dispersé dans la vie au point d'oublier notre nature même. Il faut toujours rester à l'essentiel, rester près de la nature, fuir la colère et le matérialisme. Être spirituel ne veut pas signifier planer et rester toujours branché là-haut, mais rester aligné ciel et terre, ce que le zen enseigne, ce que les occidentaux ont occulté depuis des siècles. Pour moi c'est le zen qui a changé ma vie, pour un autre ce sera autre chose, pratiquer me permettra de rester alignée dans ce monde de fada.
...
C’est pour cela, que je vous adresse tous, lecteurs et blogueurs, mon témoignage, vous qui m’avez permis de survivre en me bousculant de toutes parts, en créant mille émotions intenables, en créant ce bouillon de colères, de rage, de fou rires, d’émerveillement, vous avez tous tenté, sans le savoir, de réveiller cette flamme de vie (que nous avons tous à l’intérieur) qui s’éteignait sans arrêt chez moi, et qui a explosé il y a peu de temps.
Merci à tous et toutes ;-))
Il faut nous protéger, protéger la nature, sauver la vie c'est sauver aussi l'environnement. Sauvons nos vies et notre planète.
"Le courage de la goutte d'eau c'est qu'elle ose tomber dans le désert"
Lao Che
M, Le Rocrocodile





