Chiens en laisse
samedi 13 juin 2009
J'aurais pu intituler ce billet "chiens gardés avec collier". Mais comme je ne suis pas aussi imaginative, je garde ce simple titre "chiens en laisse".
L'idée me trottait dans la tête depuis quelques semaines. Pourquoi les gens prennent des chiens qu'ils trimballent dans la rue au bout d'une laisse ? Cela n'a l'air de rien, mais le geste est symbolique. Nous sommes si habitués à voir des toutous boudinés flairer le sol en trottinant au bout d'une laisse que nous trouvons ça normal. Hommes ou femmes, ils déploient souvent une autorité troublante. Et que je te tire sur la laisse, et que je te la raccourcis. Et même parfois, nous avons droit à une vraie démonstration d'autorité. Le chien aux ordres doit perdre toutes ses manières de chien et s'en tenir à la rigueur d'une éducation canine qui ressemble à celle qu'on pourrait enseigner à un enfant, si seulement on éduquait les enfants !
Assise à la terrasse d'un café de bord de mer, j'observe les passants. Très vite, je m'aperçois que le nombre de personnes accompagnées d'un chien est important. je me mets à les compter. Mais il y en a trop. Ils se croisent, se suivent, les chiens se reniflent le derrière, se font rappeler à l'ordre "on ne renifle pas le cul au Pays des hommes !". La plupart des bêtes souffre d'obésité. La plupart des maîtres ressemblent à leur chien. Ou bien est-ce le contraire. Bien vu, Monsieur Disney ! Les chiens à frange ont des maîtres à franges, les chiens lisses ont des maîtres chauves ou rasés.
Il y a un je ne sais quoi de gênant dans cette prolifération de chiens. Bien sûr, il y a leurs déjections, multiples qui nous enfument le parcours de santé. Les plus visibles sont les grosses merdes déposées sur le passage comme le cadeau d'un soupirant trop timide qui lance à la volée son bouquet de fleurs qui échoue dans les pieds de sa belle, et se barre en courant. Il y a les merdes dissimulées sous les brins d'herbe d'une pelouse pas encore tondue, celles casées entre deux voitures, celles qui se rassemblent autour d'un arbre histoire de s'accorder un peu d'intimité. Pis, il y a les déjections invisibles, celles que les chiens posent à tout bout de champ sur les murs, les réverbères, les roues de voitures, pour marquer leur territoire, dernier vestige d'une vie sauvage oubliée. Les pauvres bêtes ont malheureusement un ennemi terrible à combattre dans leur quête de reconnaissance, c'est l'homme ! L'homme qui n'hésite pas à brouiller les pistes, l'homme souffrant sans doute d'énurésie chronique et se sent obligé de baisser la braguette à chaque coin de rue. A moins qu'il ne soit atteint d'amnésie qui le contraint lui aussi à marquer son parcours, comme le petit poucet semait des cailloux.
Mais il y a surtout ce désir impérieux qu'ont les gens de dominer. On appelle cela avoir un animal de compagnie. Drôle de compagnie en fait. Cela consiste à avoir quelqu'un aux ordres, à disposition. En ce qui concerne le chien, par de multiples alchimies, on a réussi à créer le toutou, sorte d'être humain à profil d'animal et 100 % soumis, une peluche qui fonctionne sans pile, dévouée jusqu'à la mort. A force d'imposer une vie humaine au chien, celui-ci a perdu la boule. Alors, on a créé les psy pour chien !
Comme c'est curieux, et comme c'est bête. Il y a dans certains pays un peu moins agonisants que le nôtre, des chiens qui sont considérés comme des chiens. Ils ne sont pas cultivés de manière intensive, ils ne sont pas vendus dans des magasins. Ils vivent leur vie de chien, sans collier et sans laisse, sans maître. Ils se taillent une place dans le paysage, personne n'est là pour les obliger à chier quand ça ne leur dit pas. Et curieusement, dans ces pays, il n'y a pas de merde de chien partout. Chez nous, on les appelle les chiens errants, ils sont sauvagement pourchassés, enfermés, euthanasiés. On les accuse de transmettre des maladies, le syndrome Pasteur a encore de beaux jours devant lui. Ils n'ont pas le profil de l'animal domestique, ils n'entrent pas dans le moule, ils sont donc condamnés.
Ah je sais que mémère et pépère ne vont pas apprécier ce billet. Mémère et pépère sont gentils pour leur chien, ils sont de bons maîtres et ne supportent pas qu'on les indisposent avec des propos tendant à les culpabiliser. Deux fois par jour, ils descendent toutou dans la rue et marchent avec lui pour qu'il se dégourdisse les pattes ! Tu seras un homme mon fils, si tu mets tes pas dans les miens !
plume de cib
L'idée me trottait dans la tête depuis quelques semaines. Pourquoi les gens prennent des chiens qu'ils trimballent dans la rue au bout d'une laisse ? Cela n'a l'air de rien, mais le geste est symbolique. Nous sommes si habitués à voir des toutous boudinés flairer le sol en trottinant au bout d'une laisse que nous trouvons ça normal. Hommes ou femmes, ils déploient souvent une autorité troublante. Et que je te tire sur la laisse, et que je te la raccourcis. Et même parfois, nous avons droit à une vraie démonstration d'autorité. Le chien aux ordres doit perdre toutes ses manières de chien et s'en tenir à la rigueur d'une éducation canine qui ressemble à celle qu'on pourrait enseigner à un enfant, si seulement on éduquait les enfants !
Assise à la terrasse d'un café de bord de mer, j'observe les passants. Très vite, je m'aperçois que le nombre de personnes accompagnées d'un chien est important. je me mets à les compter. Mais il y en a trop. Ils se croisent, se suivent, les chiens se reniflent le derrière, se font rappeler à l'ordre "on ne renifle pas le cul au Pays des hommes !". La plupart des bêtes souffre d'obésité. La plupart des maîtres ressemblent à leur chien. Ou bien est-ce le contraire. Bien vu, Monsieur Disney ! Les chiens à frange ont des maîtres à franges, les chiens lisses ont des maîtres chauves ou rasés.
Il y a un je ne sais quoi de gênant dans cette prolifération de chiens. Bien sûr, il y a leurs déjections, multiples qui nous enfument le parcours de santé. Les plus visibles sont les grosses merdes déposées sur le passage comme le cadeau d'un soupirant trop timide qui lance à la volée son bouquet de fleurs qui échoue dans les pieds de sa belle, et se barre en courant. Il y a les merdes dissimulées sous les brins d'herbe d'une pelouse pas encore tondue, celles casées entre deux voitures, celles qui se rassemblent autour d'un arbre histoire de s'accorder un peu d'intimité. Pis, il y a les déjections invisibles, celles que les chiens posent à tout bout de champ sur les murs, les réverbères, les roues de voitures, pour marquer leur territoire, dernier vestige d'une vie sauvage oubliée. Les pauvres bêtes ont malheureusement un ennemi terrible à combattre dans leur quête de reconnaissance, c'est l'homme ! L'homme qui n'hésite pas à brouiller les pistes, l'homme souffrant sans doute d'énurésie chronique et se sent obligé de baisser la braguette à chaque coin de rue. A moins qu'il ne soit atteint d'amnésie qui le contraint lui aussi à marquer son parcours, comme le petit poucet semait des cailloux.
Mais il y a surtout ce désir impérieux qu'ont les gens de dominer. On appelle cela avoir un animal de compagnie. Drôle de compagnie en fait. Cela consiste à avoir quelqu'un aux ordres, à disposition. En ce qui concerne le chien, par de multiples alchimies, on a réussi à créer le toutou, sorte d'être humain à profil d'animal et 100 % soumis, une peluche qui fonctionne sans pile, dévouée jusqu'à la mort. A force d'imposer une vie humaine au chien, celui-ci a perdu la boule. Alors, on a créé les psy pour chien !
Comme c'est curieux, et comme c'est bête. Il y a dans certains pays un peu moins agonisants que le nôtre, des chiens qui sont considérés comme des chiens. Ils ne sont pas cultivés de manière intensive, ils ne sont pas vendus dans des magasins. Ils vivent leur vie de chien, sans collier et sans laisse, sans maître. Ils se taillent une place dans le paysage, personne n'est là pour les obliger à chier quand ça ne leur dit pas. Et curieusement, dans ces pays, il n'y a pas de merde de chien partout. Chez nous, on les appelle les chiens errants, ils sont sauvagement pourchassés, enfermés, euthanasiés. On les accuse de transmettre des maladies, le syndrome Pasteur a encore de beaux jours devant lui. Ils n'ont pas le profil de l'animal domestique, ils n'entrent pas dans le moule, ils sont donc condamnés.
Ah je sais que mémère et pépère ne vont pas apprécier ce billet. Mémère et pépère sont gentils pour leur chien, ils sont de bons maîtres et ne supportent pas qu'on les indisposent avec des propos tendant à les culpabiliser. Deux fois par jour, ils descendent toutou dans la rue et marchent avec lui pour qu'il se dégourdisse les pattes ! Tu seras un homme mon fils, si tu mets tes pas dans les miens !
plume de cib


Superbe caricature de l'homme dominant la bête.ça me rapelle un sketch de Bigard dans son spectacle "Des animaux et des hommes" où effectivement il décrivait l'inhumanité de l'homme et l'amour inconditionnel du chien pour son maître : battu à coup de tatanes, le chien revient toujours près de son maître...Je retrouverai ce sketch que j'ai trouvé déroutant et fort vrai à la fois.
J'ai également publié cet article sur mon blog et j'ai eu un commentaire très complet de Naradamuni...
En 1917, Sigmund Freud mit ce sujet en lumière en écrivant : “ Au cours de son cheminement culturel, l'homme a acquis une position dominante sur ses semblables au sein du règne animal. Non content de cette suprématie, il a voulu créer un gouffre entre sa nature et celle des autres animaux. Il leur a nié toute possession de raison et s'est attribué une âme immortelle ; enfin il s'est réclamé de filiation divine, ce qui lui a permis de supprimer tout lien entre lui-même et le règne animal. ”
La domination, le contrôle et la manipulation qui caractérisent la manière dont les humains traitent les animaux qu'ils ont à leur merci donnèrent le la pour les rapports intra-humains. L'esclavage-domestication des animaux traça la route menant à l'esclavage humain. Pour reprendre les propos de Karl Jacoby, l'esclavage est “ l'extension de la domestication aux humains ”.
Prendre la suite ICI, c'est long, mais vraiment intéressant....
http://o-pied-humide.over-blog.com/article-32639052-6.html#anchorComment
Parmi les choses sensées (et assez drôles) que vous dites, il y a tout de même une grosse sottise ou, si vous voulez, un complet contresens : le chien est un animal dit "de meute", contrairement au chat par exemple. Ce qui fait qu'il a besoin, pour son équilibre même, de se situer clairement au sein d'un groupe (aussi réduit soit-il) fortement hiérarchisé. A l'inverse de ce que vous dites, ce sont les chiens qui ne peuvent repérer clairement leur "dominants", discerner leurs interdits, qui "perdent la boule", et non ceux sont tenus d'obéir à leurs maîtres, pour peu que ceux-ci ne soient pas trop cons ou pour mieux dire trop incohérents.
Pour ce qui est du sort et de la destinée des chiens dans "d'autres pays" comme vous dites, libre à vous de les trouver enviables, bien sûr...
et les mémères à chats qui ne connaissent que leur interieur et qui finissent écrasés s'ils ont le malheur d'échapper à la vigilence de leur maitresse. et les pauvres poissons rouge!!!!!
heureusement que cette prose est gratuite.
on est tous le chien de quelqu'un le processus de domination est naturel chez l'homme comme chez les autres especes animale selon vous il faudrait laisser les hommes et les chiens totalement libres sans regles sans ordre vous etes des anar il y aura toujours des dominants et des domines tout le monde n'a pas l'ame d'un chef et les personnes plus faibles comme les enfants et les malades auront toujours besoin de gens qui s'occupent d'eux chez l'homme la hierarchie est le plus souvent la suivante meme si elle peut varier femme protege enfant homme protege femme dieu morale ou grands principes protege homme du mal ou de la folie nous avons tous besoin d'autorité d'un but d'un chemin pour vivre sinon les rois les religions les philosophes n'auraient jamais exister le probleme c'est que l'homme doit imperativement contoler sa soif de domination si il veut surivre
On voit bien que vous n'avez jamais eu de chien sinon vous comprendriez QUI, de l'humain ou du chien, commande réellement ...
Et pour ce qui est du chien dans les sociétés humaines, il est probable qu'elles se sont développées grace à sa présence comme gardien du campement contre les bêtes sauvages, comme aide à la chasse, comme gardien de troupeau etc etc ...
Autrement dit une société humaine sans chiens n'est PLUS une société humaine. Mais je suis d'accord sur le trop grand nombre de chiens au bout des laisses, pas forcément heureux, et qui finissent trop souvent euthanasiés à la SPA car le con de l'autre bout de la laisse a fini par en avoir marre.
Un billet assez amusant mais qui démontre une totale méconnaissance de ce qu'est un chien et une vision totalement anthropomorphique de cet animal.
Le chien est un loup domestiqué. Il est fait pour vivre auprès des hommes. Une meute de chiens errants est beaucoup plus dangereuse que meute de loups car les chiens ne sont pas faits pour vivre loin des hommes.
Un chien est fait pour avoir un maître. Comme le loup dont il est issu, il est un animal de meute. Dans une meute, la hiérarchie est primordiale. Il y a un couple de dominant (le seul qui se reproduit) et les autres sont à leur service... il en est de même pour le chien.
Ridicule, c'est le premier mot qui me vient, si vous aviez des animaux vous comprendriez vous même votre logique absurde !
Sachez qu'il y a des gens qui ramassent les crottes (sacs à crottes) ou oui ça existe, et ne pensez pas que le dominant est tjrs l'homme, et puis il y a plein de monde qui aime les bêtes qui ne les rendent pas obèses ou idiots, c'est tellement facile de juger assise le cul sur chaise en regardant les gens passer, qui êtes vous pour juger ? Commencez par apprendre à aimer après on pourra discuter !
Nalou